La situation des jeunes en apprentissage en alternance est en train de changer.

Un projet de loi pourrait harmoniser les différents types d’apprentissage, en matière de droits du travail (contrat, rémunération,…) et en matière de droits sociaux (liés à la sécurité sociale).
Les Jeunes FGTB revendiquent que les apprenti(e)s aient les mêmes droits et conditions de travail que les autres travailleurs dans l’entreprise car ces derniers contribuent à la production de richesse. Si les jeunes sont très peu payés et ont peu de droits, ils entrent en concurrence avec les autres travailleurs de l’entreprise et des patrons peu scrupuleux pourraient remplacer des travailleurs par des apprentis et des stagiaires…C’est pourquoi il faut absolument contrôler que les jeunes aient réellement une bonne formation et soient protégés par le biais d’un salaire et de droits vu qu’ils et elles cotisent à la sécurité sociale.

A l’heure actuelle, il semble que la partie sécurité sociale (soins de santé, accident, chômage,…) soit en voie d’être harmonisée.

A ce sujet, nous demandons en priorité:

  • que les apprenti(e)s puissent percevoir un revenu de remplacement en cas de maladie
  • que toutes les périodes travaillées puissent être prises en compte pour ouvrir le droit aux allocations d’insertion (suppression du stage d’insertion) et aux allocations de chômage
  • que le revenu d’apprentissage puisse être cumulé avec les allocations familiales
  • En ce qui concerne les conditions de travail, nous voulons:

  • que les apprenti(e)s soient protégés par la loi sur les contrats de travail
  • qu’ils et elles soient protégés par les conventions négociées dans les secteurs et les entreprises par les organisations syndicales.
  • Créer un réel statut pour l’apprenant en alternance

    L’accord de coopération cadre concernant la formation en alternance devra aboutir à une simplification du statut de l’apprenant en entreprise, simplification qui devra avant tout permettre de lui garantir des droits sociaux liés à sa condition de travailleur en formation (cadre CNT).

    Nous serons vigilants quant à la mise en place d’un réel système de contrôle de la formation qui sera délivrée par le tuteur en entreprise et particulièrement si celle-ci est largement subventionnée par des moyens publics.

    En effet, pour légitimer une quelconque intervention des pouvoirs publics (non exclusivement financière), il faut bâtir un partenariat donnant-donnant qui :

    garantit, de la part de l’employeur, un réel investissement dans la formation spécifique aux besoins du jeune encore inexpérimenté (en ce compris l’infrastructure, le matériel didactique, la sécurité et l’hygiène, l’encadrement et la formation des formateurs) ;
    qui permet au jeune d’obtenir, par une méthodologie adaptée, une qualification solide, atout indispensable pour une insertion durable et de qualité dans l’emploi.

     

    Article lié: La Garantie Jeunesse vue d’en bas.

    Récemment, la Commission européenne annonçait un grand plan pour l’emploi des jeunes. Mesures efficaces ou simple coup de pub ? Les Jeunes FGTB se sont penchés sur ce texte. Et il n’ya malheureusement pas de quoi se réjouir…

    Bonne nouvelle ! La Commission européenne a trouvé le remède miraculeux pour résoudre le problème du chômage des jeunes, particulièrement dramatique en Europe depuis ces dernières années de crise capitaliste.

    En effet, la Commission européenne a décidé de dédier 6 milliards d’euros du budget de l’UE et du Fonds Social Européen (FSE) pour inciter la mise en place de dispositifs de (re)mise à l’emploi ou en formation, des jeunes de moins de 25 ans et ce, dans les 4 mois maximum après leur inscription comme demandeur d’emploi, à la suite de leurs études ou à la suite de la perte d’un emploi.

    Par ailleurs, la Commission européenne adresse une série de recommandations par pays concernant l’emploi des jeunes. Pour la Belgique, il s’agit de « Simplifier les politiques d’incitations à l’emploi, d’activation de rapprochement de l’offre et de la demande de main-d’œuvre, d’enseignement, d’apprentissage tout au long de la vie et de formation professionnelle pour les personnes plus âgées et pour les jeunes, et renforcer la cohérence entre elles. »

    Est-ce un coup de pub ou une réelle aubaine pour remédier au chômage des jeunes ?

    Les 6 milliards venus de l’Europe

    Dans un premier temps, nous nous interrogeons déjà sur la provenance de ces 6 milliards. Nous sommes ravis que la Commission Européenne s’intéresse à l’avenir des jeunes mais nous nous demandons, dans un tel contexte de « crise » et de politiques d’austérité, quels autres secteurs ont pu être littéralement « asséchés » pour dégager de tels moyens. En effet, nous connaissons en Belgique la situation des EFT (entreprises de formation par le travail) et OISP (organismes d’insertion socio-professionnelle) qui peinent aujourd’hui à recevoir encore une intervention du FSE pour subsidier leurs activités pourtant essentielles pour remédier concrètement au manque de formation des personnes les plus éloignées de l’emploi. Ce sont par exemple également des crèches destinées aux jeunes parents à la recherche d’un emploi qui étaient hier subsidiées en partie par le FSE et qui aujourd’hui doivent penser à des plans sociaux pour liquider du personnel car elles perdent les subsides précieux que leur délivrait le FSE, mettant ainsi en difficulté également les jeunes parents demandeurs d’emploi, dans le contexte de manque cruel de places d’accueil que nous connaissons. Et les exemples de ce type ne manquent pas, il suffit d’interroger des travailleurs du non-marchand.

    Pour être réellement efficaces, les moyens devraient provenir entièrement de nouvelles rentrées financières et non de nouvelles limitations de dépenses dans les secteurs sociaux et les secteurs liés à la jeunesse existants. Cependant, étant donné que nous ne voyons pas venir, au niveau belge et au niveau des autres Etats Membres, de nouvelles réformes fiscales allant dans ce sens (taxation des grosses fortunes, suppression des intérêts notionnels, globalisation des revenus, réelle progressivité de l’impôt…) mais que, parallèlement, les recommandations européennes au travers de la Troïka vont davantage vers des solutions contraires (austérité, coupes budgétaires, réduction des dépenses publiques,…), nous craignons évidemment que le dégagement de nouveaux moyens ne se fasse qu’ au détriment d’autres services, primordiaux pour les demandeurs d’emploi et en particulier pour les plus jeunes, mais à l’évidence moins connus ou moins médiatisés.

    La concrétisation en fédération Wallonie-Bruxelles : 120 millions

    En Belgique, la décision du Conseil européen de juin 2013 se traduit par un appel de la Ministre de l’Emploi, relayé en Région Wallonne par André Antoine, vers tous les opérateurs de formation et de mise à l’emploi, car, à la clé, 120 millions d’euros pourront être « décrochés » sur deux ans par celui qui saura se démarquer pour offrir LE top du top en matière de formation, de formation en alternance, de job « clé sur porte », de préformation, de formation pré-qualifiante, qualifiante, très qualifiante,… et ce dans les régions où le taux de chômage des jeunes dépasse les 25%, c’est-à-dire à Bruxelles, à Liège et dans le Hainaut.

    Autant dire que ça se bouscule partout, le FOREM et l’IFAPME en première ligne, mais les autres opérateurs de formation se bousculent également pour dire à quel point ils sont efficaces et incontournables pour (re)mettre les jeunes à l’emploi! Pas étonnant car pour le Hainaut et Bruxelles, l’enveloppe qui pourrait être octroyée au FOREM pour l’aide aux jeunes chômeurs (80 millions d’euros sur 2 ans) représentera l’équivalent des deux tiers du budget que celui-ci leur consacre actuellement.

    Du coup, chacun y va de son petit « plus » en termes de connaissance du terreau wallon, en termes de connaissance des exigences des employeurs, en termes de degré de satisfaction des employeurs. Et il faut aller vite pour se démarquer. En effet, la Commission Européenne demande que les Etats membres présentent, pour octobre au plus tard, un plan de mise en œuvre de la garantie jeunesse. Si vite en réalité, que les opérateurs n’auront pour ainsi dire presque pas le temps de proposer de nouvelles choses, de nouvelles méthodes pour organiser un accompagnement de qualité vers l’emploi ou de créer des collaborations qui tiennent la route. Les opérateurs vont donc tout simplement mettre en avant les activités qu’ils réalisent déjà !

    Comment attribuer cette enveloppe, selon nous ?

    De toutes façons, pas au travers de nouvelles réductions de cotisations sociales pour les employeurs du privé et du secteur marchand, ça, c’est une évidence ! Depuis des années, les libéraux nous chantent qu’il faut davantage réduire les coûts liés au travail et depuis des années, les gouvernements européens et belges ne font que suivre aveuglement leurs recettes, allant de réductions de cotisations en diminutions d’impôts, en plans d’embauche subsidiés par l’état,… et rien de tout cela ne fonctionne.

    Aussi, nous nous prononçons pour l’injection de ces moyens dans des emplois directs et concrets, notamment dans les services publics, dans l’accompagnement des jeunes, dans l’accueil de la petite enfance, dans les services d’accrochage scolaire, dans l’enseignement public,… Afin d’être cohérents, particulièrement en Région Wallonne, avec les besoins dénoncés par les partenaires sociaux et les ambitions formulées dans le Plan Marshall 2022.

    Cependant, il semblerait que le gouvernement Wallon souhaite s’orienter davantage vers le développement de l’offre de formation en dehors de l’enseignement obligatoire à temps plein, c’est pourquoi, si tel était le cas, les Jeunes FGTB se positionnent :

    Pour ne pas créer de nouvelles formations mais bien augmenter la qualité et l’efficacité des formations existantes

    Pour que soient (ré) intégrées dans toutes les politiques de mise à l’emploi ou à la formation des jeunes et ce en priorité, la dimension humaine et la prise en compte de la volonté du jeune et non de l’entreprise. A partir du moment où l’on force un jeune à entrer dans un moule rigide fait de l’unique volonté des employeurs, il ne pourra s’épanouir dans la formation ou l’emploi qu’on lui proposera et ne pourra donc s’y investir qu’à raison d’une obligation alimentaire, ce qui ne suffira pas à lui donner la motivation suffisante à atteindre un niveau remarquable et durable sur une carrière.

    • Pour que soit facilité l’accès aux formations par les jeunes demandeurs d’emploi, tant en matière de rapidité à en rejoindre une filière (attente parfois très longue pour avoir une place), qu’à bénéficier de dispenses de rechercher un emploi (simplification administrative, élargissement des critères d’autorisation) tout en conservant ses allocations pendant le temps de la formation
    • Pour que soient harmonisés les droits des jeunes en formation en alternance (IFAPME, CEFA, …) et autres stages en entreprise (stages de transition, PFI,…) afin d’éviter la mise en concurrence des filières d’apprentissage au détriment des jeunes
    • Pour que soient affectés les moyens humains suffisants aux organismes d’insertion socioprofessionnels existants, en ce compris le FOREM, pour réellement accompagner le jeune dans sa formation
    • Pour que soient affectés les moyens humains suffisants aux opérateurs de formation en alternance et stages en entreprises, en ce compris le FOREM, pour contrôler que la formation délivrée par l’employeur est existante, concrète et de qualité suffisante
    • Pour que soient évaluées les formations données par les entreprises, dans le cadre de l’alternance ou de stages, de manière régulière et stricte avec des objectifs clairs définis par l’opérateur de formation mais aussi par le jeune
    • Pour que les jeunes soient automatiquement informés de leurs droits à être défendus et accompagnés syndicalement au départ de leur formation en entreprise, par l’organisme de formation
    • Pour que le jeune en formation en alternance soit obligatoirement présenté à la délégation syndicale de l’entreprise accueillante s’il y en a une
    • Pour que l’enveloppe serve, le cas échéant, à récompenser les entreprises et opérateurs de formations qui aboutissent à fournir un emploi à durée indéterminée au jeune au terme de sa formation
    • Pour que l’enveloppe serve à récompenser les opérateurs et entreprises qui offriront au jeune un emploi à durée indéterminée et défini comme décent en termes de déplacements, de rémunération et de respect des conventions collectives.

    La Garantie jeunesse va-t-elle résoudre le problème du chômage des jeunes ?

    Pour les Jeunes FGTB, la Garantie Jeunesse n’apportera en soit aucune réponse au chômage des jeunes si elle ne vise pas la création d’emplois décents et un accompagnement de qualité. Or, dans l’état actuel des choses, il semblerait que ce soit de nouveau vers « l’employabilité » des jeunes au travers de nouvelles formations que le gouvernement wallon se dirige. On sait qu’en Wallonie, on atteint des records, avec en moyenne une offre d’emploi pour une trentaine de demandeurs d’emploi (voire une quarantaine selon les analyses statistiques[1]) et ce chiffre s’alourdit encore si on ne prend que les demandeurs d’emploi de moins de 25 ans. La Garantie jeunesse ne créera pas les 600 000 emplois manquants[2] en Belgique, tout au plus permettra-t-elle de « bidouiller » un peu, et temporairement, les statistiques du chômage des jeunes. Plus grave : comment ne pas craindre que la mise en œuvre de cette mesure ne serve de prétexte supplémentaire à durcir encore le contrôle sur les demandeurs d’emploi ?

    Bref, il y a fort à parier pour que cette « Garantie Jeunesse » ne se résume, en fin de compte, qu’à une énième mesure « one-shot » dont l’objectif est sans doute moins d’être efficace que d’être bien médiatique.

    Nous ne voulons pas d’une mesure « coup de pub » supplémentaire pour que les gouvernements puissent prétendre avoir donné des moyens nécessaires à ce que chaque jeune trouve un emploi et que donc, s’il ne trouve pas, c’est de son unique responsabilité !

    Nous voulons que le gouvernement prenne conscience que ces fonds, s’ils sont dégagés pour les jeunes, privent également d’autres secteurs qui étaient déjà destinés à tenter de remédier aux dommages causés par le chômage de masse et que donc le problème n’est que déplacé.

    Nous voulons que la population se rende compte qu’il ne s’agit pas d’un cadeau, que les jeunes ne sont pas responsables de la crise, pas responsables du chômage, qu’il ne suffit pas de les activer, de les contrôler ou de les envoyer dans une énième filière de formation pour remédier au chômage.

    Par contre, si ces fonds sont dégagés, nous voulons qu’ils soient utilisés aux fins décrites plus haut.

    Les solutions sont dans le fait d’aller chercher des moyens supplémentaires et non complémentaires pour créer des emplois. Les formations doivent être créées en fonction des emplois créés et disponibles et non l’inverse ! Des formations nouvelles ne créeront pas des emplois nouveaux ! Réinvestissons dans les services publics, dans un enseignement de qualité, dans un tronc commun digne de ce nom, allons chercher les moyens dans une fiscalité plus juste plutôt que de jouer avec des vases communicants d’un service public à un autre.

    La solution pour les Jeunes FGTB est de donner aux jeunes les outils nécessaires à ce qu’ils puissent choisir librement et en connaissance de cause le métier qui leur plait sans devoir se conformer à une demande ponctuelle des entreprises. Il faut pour cela soutenir la création d’emplois durables et de qualité, répartir équitablement les emplois disponibles par une réduction collective du temps de travail et refinancer l’enseignement par une redistribution égalitaire des richesses produites par les travailleurs.

    [1] Le Service Public Fédéral Emploi avance des chiffres de l’ordre d’1 offre pour 37 à 41 demandeurs d’emploi selon les variations du marché de l’emploi wallon. Le SPF emploi prend en considération le nombre d’emplois restés vacants a la fin d’un mois donné et le met en relation avec le nombre de demandeurs d’emploi inscrits au Forem à cette même date.

    [2] En juin 2013, il y avait 544.964 chômeurs indemnisés (et 107.039 prépensionnés dispensés d’inscription comme demandeur d’emploi).

    Et, également (données décembre 2012 du SPF Emploi), environ :

    40.000 jeunes en stage d’insertion (sans aucune allocation)

    125.000 bénéficiaires du revenu d’intégration sociale ou de l’aide financière du CPAS