Réforme du chômage : il est encore temps de changer de cap !

55.000 chômeurs exclus au 1er janvier 2015

Depuis longtemps, la FGTB wallonne lance des signaux d’alerte : la limitation des allocations d’insertion dans le temps va entraîner un bain de sang social sans précédent.
Aujourd’hui, nos prévisions s’affinent et doivent malheureusement être revues à la hausse. C’est à 55.000 exclusions au 1er janvier 2015 qu’il faut s’attendre… Dont 35.000 en Wallonie !

Dégressivité accrue des allocations de chômage, allongement du stage d’insertion, renforcement des contrôles et sanctions, détérioration des périodes assimilées pour la pension… Les attaques contre les sans emploi se sont multipliées depuis la mise en place du gouvernement Di Rupo. Cerise sur le gâteau, la limitation dans le temps des allocations d’insertion va provoquer une catastrophe sans précédent d’ici quelques mois. Une catastrophe pour les 55.000 demandeurs d’emploi concernés, évidemment, mais aussi pour les CPAS qui seront assaillis de demandes d’aide auxquelles ils ne pourront pas faire face.
Petit rappel des faits

Les allocations d’insertion (dont peuvent bénéficier les personnes n’ayant pas assez pu travailler pour bénéficier des allocations de chômage complet) sont maintenant limitées à 3 ans :

  • Sans condition d’âge pour les cohabitants
  • A partir de 30 ans pour les isolés et les chefs de ménage

Le compte à rebours a démarré au 1er janvier 2012 et produira donc ses sinistres effets dès le 1er janvier 2015. Ce jour-là, ce sont environ 55.000 sans emploi qui se verront définitivement privés d’allocations d’insertion.
Il existe quelques possibilités de dérogations ou de prolongations temporaires. Pour se renseigner à ce sujet, le plus sûr est de s’adresser directement à sa permanence chômage.
Les sans emploi dans la ligne de mire

La moitié des chômeurs touchés cohabitent avec au moins une personne ayant un revenu. La plupart des ces personnes n’auront donc pas droit au Revenu d’intégration sociale (RIS) du CPAS. Ce sont donc 17.500 ménages wallons qui subiront une perte nette de 425€/mois.

Quant à l’autre moitié, isolés ou chefs de ménage (souvent des femmes seules avec enfant), elles n’auront d’autre choix que de se tourner vers le CPAS de leur commune. Elles pourront normalement bénéficier du RIS mais ce changement ne sera pas sans conséquence sur leurs revenus (perte de 25€/mois pour les chefs de ménage, ce qui n’est pas rien avec de si maigres revenus) ou leur statut (en matière de droits sociaux, notamment).
Les communes, victimes collatérales

Depuis 10 ans, la situation des CPAS devient intenable. On a assisté à une explosion des bénéficiaires du RIS en Wallonie : 35% d’augmentation !
Depuis 2004, les communes (via leurs CPAS) subissent de plein fouet les conséquences des exclusions entraînés par les contrôles dits « de disponibilité ». Une récente étude de la Fédération des CPAS estime à plus de 53 millions € le coût pour les CPAS rien qu’en 2012. Un montant qui ne fait qu’augmenter au fil des années.

Une grande majorité des personnes exclues vont s’adresser au CPAS de leur commune. Une petite simulation permet d’ores et déjà de dire que cette réforme coûtera encore plus cher. Si tous les Wallons isolés et chefs de ménage exclus demandent le RIS, cela coûtera plus de 203 millions €. Une fois retiré la subvention fédérale, il restera plus de 80 millions à charge des CPAS wallons !

Une ardoise qui, une fois de plus, sera très mal répartie : les communes les plus précaires connaîtront évidement la plusforte hausse de demande d’aides.
La mobilisation continue

Cette réforme n’est pas seulement injuste, elle est aussi complètement absurde ! Elle ne fera que diminuer artificiellement les chiffres du chômage en ne créant strictement aucun emploi. l’exclusion sociale et ses conséquences (isolement, économies parallèles, délinquance…) ont de beaux jours devant eux.

Rien n’empêche le gouvernement de renoncer à cette mesure. Il a le pouvoir d’abroger la limitation des allocations d’insertion dans le temps. Il n’y a aucune honte à reconnaître ses erreurs et à ne pas foncer tête baissée vers une explosion sociale sans précédent.

La FGTB wallonne et les Jeunes FGTB continueront de se mobiliser dans les semaines et mois à venir. Pour vous tenir informé, contactez votre permanent Jeunes FGTB !