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COVID19 : les étudiant·e·s de l’enseignement supérieur de promotion sociale dans l’incertitude.

COVID19 : les étudiant·e·s de l’enseignement supérieur de promotion sociale dans l’incertitude.

25.03.20

Les mesures prises par le Conseil de Sécurité à la mi-mars pour empêcher la propagation du COVID-19 ont conduit à la suspension brutale de tous les cours en Fédération Wallonie-Bruxelles. Au niveau supérieur, Les universités, écoles supérieures, l’enseignement artistique et l’enseignement de promotion sociale toutes les formes d’enseignement ont dû prendre des dispositions dans l’urgence pour tenter d’organiser l’apprentissage à distance. 

Si les mesures prises dans les universités et les Hautes écoles sont relativement coordonnées et bénéficient de l’attention médiatique, notamment grâce au travail précieux des organisations représentatives des étudiant-e-s, bien implantées et organisées, les consignes dans les établissements d’enseignement supérieur de promotion sociale semblent rester encore très floues. 

Ces cours de promotion sociale, dispensés dans de nombreux domaines et dans une multitude d’instituts disséminés sur tout le territoire de la FWB, s’adressent à un public adulte en formation ou en réorientation professionnelle, qui peuvent y acquérir des Brevets de l’enseignement supérieur, des bacheliers professionnalisants ou des masters. La population des étudiant-e-s en supérieur de Promotion sociale est donc particulière, beaucoup travaillent en même temps et certain-e-s dans les secteurs de première et seconde ligne, secteurs qui sont sur-sollicités actuellement. De plus, et sans doute encore plus que dans l’enseignement de plein exercice, des étudiant-e-s subissent les effets de la fracture numérique ou n’ont pas les moyens tant matériels qu’organisationnels de pouvoir suivre correctement des cours à distance.

De nombreux étudiant-e-s témoignent du stress qu’ils ressentent et des nombreuses interrogations que suscite la situation actuelle, face au manque d’informations et au flou des instructions qu’ils reçoivent de la part de leurs établissements et des autorités.

L’enseignement de promotion sociale concerne des milliers d’élèves qui se sentent actuellement délaissés et cherchent à savoir comment va se passer la fin de leur année scolaire. « On a l’impression qu’on est la dernière roue du carrosse, les derniers à qui on pense » témoigne Marie, étudiante en 1ere année assistante sociale. « Énormément de stress car on reçoit les infos en dernière minute, voire on ne les reçoit pas et on doit chercher de nous-même... Dans les médias, on ne parle évidemment jamais du supérieur de promotion sociale, ou très peu, donc on ne sait jamais si on est repris ou non dans les mesures »

Actuellement, des interrogations subsistent notamment concernant :

  • L’organisation des apprentissages à distance, leur évaluation et la comptabilisation des présences et des absences ;
  • Le report des heures de stage et la validation des acquis d’apprentissages pour les heures qui ne pourront pas être prestées ;
  • Le report de l’évaluation des cours qui ne pourront pas être reprogrammés ; 
  • Le report de certains cours à l’année suivante, particulièrement pour les étudiants en dernière année ou en année passerelle, qui entrainerait un allongement des études pratiquement intenable pour celles et ceux qui travaillent en parallèle. 

Les étudiant-e-s concerné-e-s sont conscient-e-s que des efforts d’adaptation vont leur être demandés et ils consentiront évidemment à les faire, pour faire face solidairement à cette situation exceptionnelle.

Cependant, ils et elles demandent qu’une attention particulière soit accordée à leur situation et que les autorités veillent à l’égalité de traitement entre tous les étudiant-e-s, malgré la nécessaire marge d’autonomie qui doit être laissée à chaque établissement en fonction des filières d’études organisées. 

Particulièrement, ils demandent qu’il ne soit pas perdu de vue que beaucoup d’étudiant-e-s ne peuvent pas se permettre un rallongement de leur parcours d’études et que l’organisation des évaluations doit prendre en compte le problème de la fracture numérique pour ne pas accentuer les inégalités déjà présentes dans l’enseignement supérieur.

 Liège, le mercredi 25 mars 2020.

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