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Cynisme et concurrence déloyale sur fond de relance économique.

Cynisme et concurrence déloyale sur fond de relance économique.

08.05.20

Avez-vous eu l’impression que l’équipe de votre magasin avait étrangement rajeuni ? Vous pensez que les équipes ont été renforcées ? Rien de tout cela, il s’agit bien du choix délibéré de certains employeurs de jouer la concurrence entre travailleur-euse-s pour des raisons fiscales!

Les Jeunes FGTB ne cessent de rappeler à chaque modification de la réglementation du travail d’occupation d’étudiant - les rendant toujours plus flexibles, plus disponibles pour les employeurs - que leur tâche principale est d’étudier.

 Les jeunes n’ont pour une grande majorité jamais travaillé pour se payer des consoles de jeux vidéo, ils et elles travaillent toute l’année pour payer leurs études, se loger, s’habiller et vivre.

Les étudiants travaillent !

Les jobistes devraient donc pouvoir également cotiser pour leurs droits.  Au contraire, on donne l’impression aux étudiant-e-s d’être « bien payés » car ils et elles reçoivent un salaire « poche » très légèrement plus intéressant ; ils et elles ne ressentent presque pas le prélèvement entre leur salaire brut et leur salaire net, cette fameuse cotisation - très injustement appelée - de « solidarité »  est surtout un avantage éhonté pour l’employeur qui réduit sa cotisation de près de 6 fois (2,71%, lieu de 13,07% pour chaque travailleur.euse et 5,42% au lieu de près de 33% pour l’employeur). 

Car si on y regarde de plus près, les étudiant-e-s sont probablement les plus solidaires, en effet, ils et elles produisent de la richesse par le biais de leurs stages, leurs jobs, de leurs travaux d’étude. Et alimentent les caisses de la Sécurité Sociale : le montant de ces fameuses « cotisations de solidarité » était estimé à 100 millions d’euros en 2019 et pourtant, les jobistes ne peuvent rien attendre en retour que ce soit pour le chômage, pour les soins de santé ou pour leur future pension !

Les Jeunes FGTB mettent en garde depuis toujours sur la possible utilisation injuste des travailleur-euse-s étudiant-e-s à la place de travailleur-euse-s « ordinaires », qui développe une concurrence déloyale entre les travailleur-euse-s avec et sans expérience. 

Aujourd’hui, comble du cynisme, voilà que l’on inscrit cette possibilité au Moniteur Belge, profitant de la crise du coronavirus pour permettre aux employeurs de mettre ses travailleur-euse-s en chômage temporaire et engager à leur place des jobistes étudiants. Comble de l’hypocrisie également : cette mesure s’applique à tous les secteurs et non aux seuls critiques : le gouvernement autorise donc des employeurs, en pleine crise sanitaire et sur fond de sous financement du secteur de la santé, à moins cotiser pour la sécurité sociale… tout en mettant à charge de la collectivité les travailleur-euse-s mis en chômage temporaire ! Double gain pour le patronat ! Double perte pour la sécu !

Certes nous n’avons pas encore conscience de l’entièreté des répercussions financières qu’aura une telle crise, certes les petites entreprises devront recevoir un point d’attention particulier au moment de faire les bilans de cette période. Mais nous n’acceptons pas que la première mesure soit d’exploiter un système qui met en concurrence les travailleur-euse-s. 

Nous pouvons craindre que, comme à chacune des crises que le capitalisme a connu ses dernières décennies, ce soit sur le dos des citoyen-ne-s que revienne la plus grande part du prix à payer mais les Jeunes FGTB resterons vigilant-e-s pour que l’on ne normalise pas un peu plus la précarité des « jobistes ».

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