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La N-VA veut supprimer les prépensions et limiter dans le temps les allocations de chômage, le nouveau pas d’un gouvernement fasciste, à la botte des fédérations patronales.

La N-VA veut supprimer les prépensions et limiter dans le temps les allocations de chômage, le nouveau pas d’un gouvernement fasciste, à la botte des fédérations patronales.

11.01.18

La N-VA veut supprimer les prépensions et limiter les allocations de chômage dans le temps, prétextant que cela permettra de plus facilement pourvoir aux offres d’emplois qui restent vacantes. Une aberration selon les Jeunes FGTB ! Pour l’organisation de jeunesse, il s’agit du dernier acte d’un scénario dramatique et surréaliste qui dure depuis plusieurs années et qui consiste à donner l’illusion que ce qui constituait autrefois des avancées sociales sont aujourd’hui à proscrire. Définition même d’une politique réactionnaire et conservatrice, symptomatique du fascisme.

Pour rappel, le système des prépensions, devenu plus fréquent à partir des années septante (justement parce que nous sortions à l’époque de la crise pétrolière qui conduisit certains secteurs à subir de graves difficultés), est le fruit de longue lutte des organisations syndicales pour préserver et dédommager davantage les travailleurs âgés licenciés, notamment en cas de restructuration. La responsabilité du chômage est dans ce cas la responsabilité directe de l’employeur, pourquoi aujourd’hui nier cette évidence en prétendant qu’il faille supprimer le système des prépensions comme s’il s’agissait d’un abus du travailleur ?   Pourquoi prétendre que les employeurs peinent à trouver de la main d’œuvre qualifiée à cause des prépensions et de la durée du chômage alors que ce sont eux qui exploitent et licencient à tour de bras : turn over de travailleurs jeunes précaires, licenciement de travailleurs âgés qui coutent trop cher, ingénierie et fraude fiscale et sociale, exigences démesurées et discriminatoires à l’embauche (exigence d’âge, d’expérience, de diplôme, de plan d’embauche,…) qui créent en partie la prétendue pénurie de main d’œuvre dans certains secteurs,… ?

Tout simplement parce que depuis les années 2000, et particulièrement depuis le gouvernement Verhofstadt en 2004, les employeurs ont commencé à influencer beaucoup plus ouvertement les politiques sociales, au départ en soutenant pleinement le Plan d’Activation des chômeurs, qui dans sa logique de contrôle, a toujours aujourd’hui les mêmes objectifs : réduire les dépenses en terme de payement des allocations de chômage en excluant les bénéficiaires et exercer une pression accrue sur les salaires et les conditions de travail des travailleurs occupés dans le cadre d’un contrat. En effet, la volonté a toujours été, en exerçant ce contrôle, de faire que les chômeurs, menacés, acceptent n’importe quel emploi, à n’importe quelles conditions. De ce fait, les travailleurs, vu le fort taux de chômage, acceptent plus facilement le blocage voire la dégradation de leurs conditions de travail.

Le contrôle des chômeurs arrangeait donc très fort le monde patronal, mais cela ne lui a plus suffit, il fallait également activer les autres : les prépensionnés, ils le réclament depuis le master plan de la FEB de 2004, les jeunes en stage d’insertion depuis 2012, ensuite les malades, les personnes handicapées, les travailleurs à temps partiel… C’est tellement plus facile, lorsque tous les bénéficiaires de la sécurité sociale sont contrôlés, menacés, mis sous pression, réprimés, de mettre en œuvre l’allongement du temps de travail, l’annualisation, les flexi-jobs, la dégressivité salariale, le blocage des salaires, le saut d’index, de créer de nouveaux statuts d’exploités ou d’auto-exploités, …

Et puis qui dit contrôle dit sanction, dit exclusion, mais sans doute cela n’était-il pas encore assez efficace, autant directement programmer la fin des droits sociaux. Cela a commencé en 2012 avec la limitation des allocations d’insertion dans le temps, mise en place à la demande déjà de la N-VA. Nous avions prévenu, le gouvernement (parce qu’en réalité le gouvernement depuis 6 ans, c’est la N-VA, un seul parti, les autres se contentent de collaborer, de nouveau symptomatique d’un Etat fasciste) commence par les jeunes mais il s’attaquera bientôt aux autres. Le terrain est bien préparé, les chiffres sont ce qu’ils sont, bien entendu nous sommes passés depuis 2004 de 1 offre d’emploi pour une cinquantaine de demandeurs d’emplois à une offre pour une dizaine de demandeurs d’emploi en moyenne. Pas parce que tout ceux-là ont trouvé un emploi, non, simplement parce qu’ils sont sortis des statistiques, ils sont toujours là, dehors, dans la rue, au CPAS, dans leur famille, c’est peut-être votre neveu, votre belle-sœur, votre ami, ils ont été exclus ou n’ont plus pu ouvrir leur droit aux allocations. Alors comme d’un côté on sort des statistiques des dizaines de milliers de sans emploi, d’un autre côté on prétend que les employeurs, quant à eux, peinent à trouver des travailleurs qualifiés dans certains secteurs. Comble de l’hypocrisie de nouveau ! 90% des emplois proposés sont pourvus dans les 45 jours.

Mais les employeurs rechignent à investir dans la formation de leurs travailleurs et futurs travailleurs, ils refusent de revaloriser les conditions de travail et de stage des secteurs les plus pénibles, ils ont, lorsqu’ils ouvrent un emploi, la fâcheuse habitude de mettre eux-mêmes des critères tellement sélectifs et contraignants qu’ils sont dans la quasi-impossibilité de trouver un ou une candidate correspondant à leurs exigences, enfin et surtout ils ne veulent pas engager de travailleurs âgés qui coutent trop cher !

Pour les Jeunes FGTB, le gouvernement ne devrait pas tâcher de répondre à la question de la pénurie, ni même d’ailleurs à la question de l’insertion des travailleurs âgés car ce sont des problèmes qui n’existent pas, qui ont été montés de toute pièce, de nouveau dans le seul et unique but d’accroitre la concurrence entre les travailleurs, de faire pression sur les salaires et les conditions de travail, de détricoter les droits sociaux, d’accroitre les bénéfices des actionnaires et d’appauvrir la population, tout simplement.

Le gouvernement ne peut pas, dans le même temps, prétendre qu’il souhaite trouver des solutions au chômage des jeunes et en même temps souhaiter maintenir au travail des personnes jusque 67 ans ou remettre au travail des travailleurs âgés, qui ont été licenciés…sauf si la solution en réalité n’est pas de mettre des jeunes à l’emploi mais bien de les plonger purement et simplement dans la pauvreté, ce qui justifiera davantage encore de stigmatisation, de relégation et puis surtout de répression, logique après tout, dans un régime autoritaire dans lequel on s’attaque déjà aux plus faibles en renvoyant de pauvres gens dans une dictature au péril de leur vie…

Si nous ne nous battons pas aujourd’hui pour maintenir et renforcer ce qui faisait de notre pays un pays riche et démocratique, la Sécurité Sociale, demain il ne sera plus question de progrès ou de modernité, mais bien de survie.

Angela SCIACCHITANO

Secrétaire Générale des Jeunes FGTB

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