Dans un article du 13 mars publié dans La Meuse, Valérie Glatigny a tenu des propos erronés à l’égard des Jeunes FGTB et a démontré une nouvelle fois sa méconnaissance du décret relatif aux organisations de jeunesse. Compte tenu du nombre de propos fallacieux tenus par la Ministre, les Jeunes FGTB répondent pour rétablir les faits.
Tout d’abord, nous n’acceptons pas l’idée selon laquelle nous nous « immiscerions » dans les affaires des jeunes étudiant·es. Ce terme laisse entendre que nous interviendrions de manière inopportune, sans légitimité dans leur réalité. C’est tout l’inverse : notre publication est le résultat d’une demande directe de notre public : de plus en plus de jeunes nous contactent pour savoir comment participer aux mobilisations sociales. Ils ont bien compris qu’ils étaient eux aussi victimes des mesures du gouvernement : hausse du minerval, déconstruction de l’enseignement supérieur par le décret paysage, précarité étudiante grandissante …
Notre initiative n’avait ni pour objectif d’« organiser des absences injustifiées », ni de mettre les enseignants sous pression. Elle s’inscrit dans une mission qui est au cœur de l’action des Jeunes FGTB : former des CRACS, des citoyens responsables, actifs, critiques et solidaires. Apprendre à exercer sa citoyenneté ne se limite pas aux bancs de l’école ; cela passe aussi par la participation au débat démocratique, par l’engagement collectif et, parfois, par la mobilisation sociale et en ce compris la manifestation.
Il est important de rappeler que les jeunes sont parmi les premières victimes des réformes en cours. Les décisions politiques prises aujourd’hui auront un impact direct sur leur avenir et nombre de jeunes ont le sentiment de ne pas être écoutés. Cette frustration est réelle ; nous la constatons chaque jour sur le terrain.
Les jeunes veulent s’informer, s’organiser et agir collectivement… mais beaucoup nous exposent leur difficulté à participer à des mobilisations sans risquer des sanctions scolaires ou des absences injustifiées. Notre publication et la « lettre type » proposée visaient avant tout à ouvrir le dialogue avec les enseignant·es, à les sensibiliser à cette réalité et à permettre à ces jeunes d’exprimer leur frustration de manière responsable et encadrée.
Nous sommes également interpellés par le fait que notre initiative fasse l’objet de critiques particulièrement fortes, alors que d’autres réalités préoccupantes semblent susciter moins d’inquiétude politique. Plutôt que de scruter et attaquer la moindre de nos publications, il serait intéressant pour la ministre de parcourir les études disponibles mettant en lumière la situation précaire de nombre d’étudiant·es. Comme celle de « Randstad » datant de juin 2025[1], révélant que de nombreux jeunes manquent régulièrement les cours pour effectuer un job étudiant et que nombre d’employeurs ont tenté de les convaincre de travailler pendant les heures de cours. Ou encore celle de l’ULB qui atteste que 70 à 90% des étudiant·es vivant des privations matérielles disent être contraint·es de travailler[2]. Ces éléments, qui illustrent les difficultés croissantes rencontrées par les étudiants·es pour financer leurs études et leur vie quotidienne, devraient interpeller les responsables politiques. Mais ces derniers préfèrent pointer du doigt les jeunes FGTB et fermer les yeux sur les problèmes réels. D’ailleurs, qui limite drastiquement l’accès à l’enseignement supérieur via l’augmentation du minerval ? Qui fait de plus de 70 % des étudiant·es, parfois à raison de plus d’un tiers-temps annuel, de la main d’œuvre bon marché pour les entreprises et ce au détriment de leurs études ? C’est, notamment, le parti de Madame Glatigny.
Nous tenons à rappeler que les enseignants sont des partenaires essentiels dans l’éducation à la citoyenneté. Notre intention n’a jamais été de les opposer aux élèves, mais bien de reconnaître leur rôle central dans la formation de jeunes capables de comprendre le monde qui les entoure et d’y prendre part.
Permettre aux jeunes de s’exprimer, de débatte et de se mobiliser pacifiquement ne fragilise pas l’école. Au contraire, cela participe pleinement à la construction d’une jeunesse engagée, critique et solidaire, une jeunesse de CRACS comme exigé par le décret définissant nos missions d’OJ thématique. Nous sommes, une nouvelle fois, surpris du fait d’être attaqué sur notre respect des prescrits du décret.
[1] https://www.randstad.be/fr/workforce360/etudes/etudiants-au-travail/
[2] Enquête sur les ressources économiques des étudiant·es, Observatoire de la Vie Etudiante, ULB, avril 2021