Indignation contre le manque de moyens
Ce que ces jeunes dénoncent, c’est une réalité vécue depuis des années. En 2024-2025, 15,4 millions d’heures de cours n’ont pas été assurées dans les collèges et lycées publics français, faute de professeurs remplacés ou d’établissements ouverts. Et ce sont les plus précaires qui trinquent : dans les collèges de l’éducation prioritaire, 11% des heures de cours n’ont pas été assurées, contre 8% ailleurs. Pendant ce temps, le gouvernement taille dans les effectifs : 3 256 postes d’enseignants sont supprimés à la rentrée 2026. Faute de moyens, les conditions d’études et de travail dans les établissements sont également déplorables : salles de classes à 9 degrés en hiver et à 40 degrés en été, moisissures dans 18% des locaux, plus de 5 000 écoles qui contiennent de l’amiante, dont une professeure décédée.
Ce n’est pas un accident. C’est un choix politique. Une école sous-financée est une école qui trie. La France fait partie des pays de l’OCDE où les inégalités scolaires à 15 ans sont les plus marquées. Chez nous, le constat est le même : la Flandre et la Fédération Wallonie-Bruxelles figurent comptent parmi les systèmes scolaires européens où l’origine sociale pèse le plus sur la réussite des élèves. Des classes surchargées, des bâtiments qui tombent en ruine, des profs épuisé·es et non remplacé·es : voilà la violence sociale que subissent ces jeunes, bien avant qu’un seul blocage ne soit organisé.
En Belgique, la jeunesse n’a pas attendu. En juin dernier, élèves, étudiant·es et enseignant·es se sont soulevé·es contre le plan d’austérité du gouvernement MR-Engagés en Fédération Wallonie-Bruxelles : hausse du minerval, augmentation de la charge de travail des profs sans revalorisation salariale, fin de la gratuité des repas scolaires dans certaines écoles. Le 4 juin, environ 3 000 jeunes et professeurs manifestaient devant le Parlement pendant que le décret-programme était voté en force, avec une dizaine d’interpellations à la clé. Les étudiant·es du supérieur sont également mobilisés depuis des mois contre la hausse du prix des études, un minerval à 1200 euros que peu d’étudiant·es peuvent se payer, signe d’une élitisation de l’enseignement supérieur.
Face à cela, la réponse des gouvernements est la répression. En France, près de 2 000 interpellations en une seule journée. Le ministre de l’Intérieur parle de « violences urbaines ». Plutôt que d’écouter une jeunesse qui demande des profs, ils choisissent de la criminaliser. En Belgique aussi, les jeunes avaient été victimes de violences policières. Nous refusons que la colère légitime d’élèves de 15 ans soit traitée comme une affaire de maintien de l’ordre.
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un refinancement massif et structurel de l’enseignement et de nos services publics en général ;
- l’engagement d’enseignant·es en nombre suffisant et des classes à taille humaine ;
- la rénovation des bâtiments scolaires ;
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une enseignement réellement accessible à toutes et tous ;
ETUDIER EST UN DROIT, QU’ON NE NEGOCIERA PAS. Ceux qui sabotent l’avenir de toute une génération, ce ne sont pas les élèves qui bloquent leur lycée : ce sont les gouvernements qui imposent l’austérité.